Dimanche 5 novembre 2006 7 05 11 2006 14:55

L'UNL affirme son opposition au projet de loi sur la « prévention » de la délinquance, qui accentue encore les politiques de répression qui ont fait la preuve de leur échec depuis plus de quatre ans.

Le projet de loi sur la « prévention » de la délinquance, proposé par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy en 2003, qui prend pour cible, entre autres, l'Education Nationale, va être bientôt discuté à l'Assemblée Nationale en deuxième lecture. L'UNL redit son refus de voir l'Education Nationale et ses acteurs soumis à la folie sécuritaire du Ministre de l'Intérieur, et son attente d'une vraie politique de prévention à l'Ecole.

Le projet de loi prévoit notamment que les inspecteurs d'académie seront tenus de communiquer au maire les noms des élèves domiciliés dans sa commune et qui ont été avertis pour absentéisme, créant ainsi une sorte de « fichier des élèves à fliquer ». L'UNL s'insurge contre le rôle que l'on veut conférer au maire, alors que les personnels compétents en la matière (Conseillers principaux d'éducation (CPE), assistantes sociales scolaires, etc.) n'ont pas les moyens d'exercer leur fonction, et voient leur nombre de postes aux concours fondre d'année en année (moins 75% en 5 ans pour les CPE). Par ailleurs, l'UNL s'alarme du sort réservé aux libertés individuelles des élèves dans cette loi : surveillés, fichés, condamnés, la « prévention » affichée dans le titre du projet de loi n'est qu'un trompe-l'œil.

Avec la création d'un « Conseil pour les droits et devoirs des familles », mesure phare du projet, ce sont tous les professionnels de l'Education, de la prévention et de la santé (enseignants, travailleurs sociaux, etc.) que le Ministre de l'Intérieur souhaite transformer en gendarmes, sous les ordres d'un maire devenu colonel. Tous ces personnels seront incités à donner des informations précises sur des personnes (jeunes, familles, …) en difficulté, qui présenteraient potentiellement un risque de délinquance. Pour l'UNL, il s'agit là de consacrer la pratique de la délation, au mépris du respect des libertés de chacun, et au mépris du travail d'accompagnement que pourraient effectuer efficacement ces personnels si seulement on leur en donnait les moyens.

Si les acteurs de la vie éducative et sociale ne portent ni matraques ni képis, c'est pour une bonne raison : ils n'ont pas vocation à être des policiers. Si les jeunes en difficulté ne doivent porter ni numéros de matricule, ni uniformes rayés, c'est également pour une bonne raison : ils n'ont pas vocation à être considérés comme des criminels.

Pour l'UNL, loin des propositions démagogiques et de façade, la solution ne peut aujourd'hui se trouver que dans l'Education et la prévention. Pourtant l'Education ne semble pas intéresser ce gouvernement, qui lui a porté des coups toujours plus durs depuis quatre ans, jusqu'à organiser son démantèlement, dans le budget 2007. L'UNL affirme que la situation ne pourra pas s'améliorer tant que l'on ne donnera pas aux personnels compétents les moyens de travailler. Travailleurs sociaux, enseignants, surveillants, conseillers d'orientation, sont méprisés par le gouvernement, leurs effectifs sans cesse réduits, alors que ce sont les meilleurs interlocuteurs pour les jeunes en difficulté dans leurs établissements scolaires.

L'UNL réaffirme donc qu'elle restera mobilisée contre ce texte de loi autant qu'il le faudra. L'UNL appelle les lycéens ainsi que l'ensemble des citoyens à se mobiliser dès maintenant contre le projet de loi de « prévention » de la délinquance.

Floréale Mangin,
Présidente de l'UNL

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Par UNL - Publié dans : unl08
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